Compte à terme à taux progressif : le piège du rendement affiché
Un taux qui grimpe par palier sur la durée du contrat impressionne sur la plaquette — mais il est conçu pour dissuader de sortir avant l'échéance finale. Voici comment lire vraiment ce type de DAT.
Un dépôt à terme à taux progressif affiche un taux final séduisant — parfois 4 % ou 5 % sur la dernière période — mais ce taux ne s'applique qu'à la toute dernière tranche du contrat. Les premières années sont rémunérées à un taux bien plus faible, ce qui abaisse mécaniquement le rendement moyen réel si le contrat n'est pas conservé jusqu'à son terme complet.
Comment fonctionne réellement le mécanisme du taux progressif
Le contrat découpe la durée totale en paliers (par exemple quatre périodes d'un an sur un DAT à 4 ans), chaque palier étant rémunéré à un taux croissant. Le taux mis en avant commercialement est presque toujours celui du dernier palier — pas le taux moyen actuariel sur la durée totale, qui est nettement inférieur.
| Palier | Taux affiché du palier | Poids dans la durée totale |
|---|---|---|
| Année 1 | 1,0 % | 25 % |
| Année 2 | 1,8 % | 25 % |
| Année 3 | 2,6 % | 25 % |
| Année 4 (taux « vitrine ») | 4,2 % | 25 % |
La bonne question à poser avant de signer
Demandez systématiquement le taux actuariel moyen sur la durée totale du contrat, pas seulement le taux du dernier palier — c'est ce chiffre qu'il faut comparer à une alternative simple (DAT à taux fixe unique, fonds monétaire) sur le même horizon. Si l'établissement ne peut ou ne veut pas le communiquer immédiatement, c'est en soi un signal à prendre au sérieux.