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Trésorerie fléchée sur un projet à 12-24 mois : où la placer sans rater la date ?

Machine, rachat, immobilier d'entreprise : l'argent est déjà affecté, seule la date bouge. Les supports à caler sur l'échéance, ceux à exclure, et la marge à prévoir si le projet glisse de six mois.

14 min de lectureMis à jour le

Rédigé par l'équipe EXP Capital

Cabinet de gestion de patrimoine dédié aux dirigeants de PME, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 25005915. Rémunéré par rétrocessions, communiquées par écrit contrat par contrat ; aucun honoraire facturé.

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Sommaire

Une trésorerie fléchée vers un projet se place sur des échéances, pas sur un produit : des dépôts à terme calés un à deux mois avant chaque décaissement, un support monétaire pour la tranche dont la date reste floue, et 10 à 20 % gardés disponibles parce que les projets glissent presque toujours. Est exclu tout ce dont la valeur le jour J n'est pas connue à l'avance, ou qui impose une pénalité de sortie ce jour-là, quel que soit le rendement affiché. « J'ai 800 000 € pour une ligne de production livrée dans dix-huit mois, je les mets où ? » : là où le montant à la date prévue est connu d'avance (DAT, compte rémunéré) ou très peu variable (fonds monétaire, capital non garanti).

Où range-t-on une trésorerie fléchée dans les 3 poches ?

Dans la poche tactique par l'horizon, avec le test de la poche opérationnelle à la date du décaissement. Le framework des 3 poches classe l'argent selon son horizon et sa tolérance à la volatilité : à 12-24 mois, une trésorerie fléchée relève de la poche tactique (6 mois à 3 ans, volatilité faible), où notre guide place d'ailleurs des DAT échelonnés à 12, 18 et 24 mois pour une opération de croissance. Mais sa tolérance à la volatilité tombe à zéro le jour du décaissement : s'il manque 40 000 € à la livraison, vous empruntez en urgence ou vous décalez. Date connue : c'est la valeur à cette date qui compte ; date incertaine : la disponibilité sans pénalité, d'où la tranche monétaire et la marge de glissement plus bas. D'où le critère de tout ce qui suit : la date est l'objectif, le rendement un bonus.

Quels supports tiennent une date, et lesquels la mettent en danger ?

Trois familles passent le test, à des degrés de certitude différents : le DAT et le compte rémunéré fixent le montant à l'avance, le fonds monétaire le laisse très peu varier sans le garantir. Un fonds obligataire daté ne passe qu'à une condition. Tout le reste est exclu : la valeur le jour J est inconnue ou la sortie pénalisée.

SupportValeur et disponibilité à la date voulueVerdict
Compte rémunéré, livret proImmédiate, capital connuOui : tranche proche et marge de glissement
Fonds monétaireRachat à tout moment, règlement sous un à trois jours ouvrés ; faible amplitude, capital non garantiOui : tranche à date incertaine
Dépôt à terme (DAT)Valeur écrite dans le contrat ; avant l'échéance : préavis et pénalitéOui : échéance calée un à deux mois avant le décaissement
Fonds obligataire datéPrix du jour avant la maturité ; valeur visée, non garantie, à la maturitéSeulement si la maturité précède la date du projet
Contrat de capitalisationSupport à valeur de marché, frais de gestion annuels, horizon de quatre ans et plus (sortie anticipée coûteuse selon le contrat)Non : l'horizon de l'enveloppe dépasse celui du projet
Actions, ETF, foncières cotéesValeur inconnue le jour JNon : la ligne peut valoir moins que la facture
SCPI, usufruit de SCPICession en plusieurs mois, ou aucune sortie avant le termeNon : illiquide, horizon long
Produits structurés, private equitySortie au prix du marché, ou capital bloqué des annéesNon : date de sortie hors de votre contrôle
Lecture qualitative : le critère n'est pas le rendement mais la certitude de retrouver le montant à la date du décaissement (quasi-certitude, sans garantie, pour le monétaire).

Comment caler les dépôts à terme sur le calendrier du projet ?

En plaçant l'échéance de chaque DAT un à deux mois avant la date réelle du décaissement, jamais dessus. Dans la plupart des réseaux bancaires, un retrait avant terme suppose un préavis de 32 jours, les sommes retirées pendant le premier mois ne produisent aucun intérêt, et une pénalité contractuelle s'applique ensuite (décote sur le taux ou retenue sur les intérêts courus, selon l'établissement).

Le calendrier à construire n'est pas « 18 mois », c'est celui du projet. Une machine se paie en trois ou quatre fois (acompte, échéance intermédiaire, solde, parfois retenue de garantie) ; une acquisition au protocole puis au closing ; un immeuble au compromis puis à l'acte. Chaque flux a sa date, chaque date a son DAT. Trois ou quatre échéances, par exemple à 6, 12, 18 et 24 mois, suffisent.

Que faire de la tranche dont la date est incertaine ?

La mettre sur un fonds monétaire ou un compte rémunéré, en acceptant un rendement parfois un peu inférieur à celui d'un DAT. Un fonds monétaire a une valeur liquidative quotidienne et se rachète avec un règlement sous un à trois jours ouvrés selon le prospectus ; avec le compte rémunéré, c'est le support qui combine un rendement proche du marché monétaire et une sortie à n'importe quelle date. Précaution : le capital d'un fonds monétaire n'est pas garanti, sa valeur liquidative peut baisser et une perte en capital reste possible, même si l'amplitude visée est faible. Frais et délai de règlement se lisent dans le prospectus avant de souscrire.

Point fiscal à l'IS : l'écart de valeur liquidative des parts d'OPCVM est imposé chaque année, même sans rachat (article 209-0 A du CGI), avec compensation des écarts positifs et négatifs par nature de titres. Sur 12 à 24 mois, c'est économiquement neutre face à un DAT dont les intérêts sont aussi imposés au fil de l'eau, mais votre expert-comptable doit le savoir dès l'ouverture du compte-titres.

Le fonds obligataire daté n'est acceptable que si sa maturité précède la date du projet, et pour la tranche la plus lointaine : sortir avant, c'est vendre au prix du jour, parfois sous le rendement visé. Sur un horizon ferme, il reste défendable : notre comparatif DAT, monétaire et compte-titres montre qu'avec 18 à 24 mois de visibilité réelle, il peut prendre l'avantage, au prix d'une valeur qui fluctue sans garantie. Mais si la date peut glisser, la certitude de la valeur à l'échéance prime sur ce gain potentiel : le DAT reste notre réflexe par défaut.

Combien garder en réserve si le projet glisse de six mois ?

Entre 10 et 20 % du montant, sur un support disponible à tout moment, parce qu'un projet qui glisse est la règle : retard chez le constructeur, closing qui attend l'accord d'une banque, permis qui reçoit un recours. Le glissement ne coûte presque rien si vous l'avez prévu ; il coûte cher si toute la trésorerie est bloquée jusqu'à une date qui n'existe plus. Exemple : 800 000 € fléchés vers une ligne de production, soit 680 000 € de prix payés en trois fois et 120 000 € (15 %) de marge prélevés sur la même enveloppe, sans s'ajouter au prix.

TrancheMontantDécaissement prévuSupportÉchéance calée
Acompte à la commande (30 % du prix)204 000 €Mois 2Fonds monétaire ou compte rémunéréDisponible dès le jour 1
Échéance intermédiaire (30 % du prix)204 000 €Mois 10DATMois 8
Solde à la livraison (40 % du prix)272 000 €Mois 18DATMois 16
Marge de glissement (15 % de l'enveloppe)120 000 €Date inconnueFonds monétaireDisponible en permanence
Total de l'enveloppe800 000 €———
Hypothèses : enveloppe de 800 000 € ; prix de 680 000 € HT payé en trois fois (30 % / 30 % / 40 %) ; marge de 120 000 € (15 % de l'enveloppe) prélevée sur la même enveloppe ; livraison annoncée à 18 mois. À adapter au contrat réel du fournisseur.

Si la livraison glisse de six mois, les deux DAT arrivent à échéance comme prévu, l'argent revient sur le compte et se replace sur six mois ou reste en monétaire : aucune pénalité, aucune décision sous contrainte. La marge de 120 000 € absorbe les frais facturés avant la livraison (transport, mise en service, formation) sans toucher aux DAT. Son prix se calcule avec une hypothèse, pas avec un constat de marché : en supposant un écart de 0,5 point par an en faveur du DAT, 120 000 € gardés disponibles 18 mois représentent 120 000 € × 0,5 % × 1,5 an, soit environ 900 € de rendement brut. L'écart réel peut être plus faible, nul, voire inverse. Un seul préavis déclenché en urgence sur un DAT de 204 000 € peut coûter davantage en intérêts perdus, avant même le retard de paiement au fournisseur.

Faut-il répartir entre plusieurs banques pour 18 mois seulement ?

Oui, dès que les dépôts dépassent 100 000 € dans un même établissement, même pour une durée courte. Le FGDR couvre 100 000 € par déposant et par établissement de crédit, personnes morales comprises (SA, SARL, SAS, EURL), tous comptes additionnés : compte courant, livret professionnel et DAT dans la même banque se cumulent sous le même plafond. Seuls les dépôts sont concernés : un fonds monétaire n'est pas un dépôt, il relève d'un autre régime et son capital n'est pas garanti. Dans l'exemple, les deux DAT représentent 476 000 € de dépôts ; dans une seule banque, 376 000 € ne seraient pas couverts.

Il faut donc autant d'établissements que de tranches de 100 000 € de dépôts : cinq pour les 476 000 € de DAT de l'exemple, davantage si l'acompte est sur un compte rémunéré. Deux enseignes à agrément bancaire commun comptent pour un seul établissement (voir notre guide sur le plafond FGDR). Second avantage : chaque banque cote ses DAT séparément, et la concurrence sur chaque échéance améliore mécaniquement la moyenne obtenue. C'est ce travail (collecte des offres, calage des échéances, suivi des dates) qu'un apporteur d'affaires comme EXP Capital peut prendre en charge ; nous sommes rémunérés par rétrocession des établissements partenaires, sans aucun honoraire, et le montant exact vous est communiqué par écrit avant toute signature.

Cas particulier : la trésorerie fléchée vers un rachat de titres

Le prêteur qui finance l'acquisition veut voir l'apport disponible, libre de toute sûreté au profit d'un tiers sauf accord du prêteur (qui peut lui-même demander un nantissement), et non placé sur un support illiquide, justificatif à l'appui. Dans un rachat à effet de levier, l'apport en fonds propres du repreneur ou de sa holding se situe souvent autour de 30 % du prix (25 à 40 % selon les dossiers, sans règle fixe : repère de praticiens, à confirmer auprès du prêteur), avec la preuve qu'il est mobilisable au closing : relevés de compte, attestation de la banque. Un contrat de capitalisation, des parts de SCPI ou un DAT échu après le closing ne sont pas un apport disponible : ce sont des actifs à liquider d'abord, avec un délai et parfois une décote.

Conséquence : l'échéance du dernier DAT précède la date prévisible de closing, la part incertaine reste en monétaire ou sur compte, et le justificatif de disponibilité se prépare avec l'expert-comptable avant le dépôt du dossier de financement, pas le jour de la signature.

Auto-diagnostic : votre trésorerie fléchée est-elle vraiment calée sur le projet ? Cochez ce qui est vrai aujourd'hui.

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La date du projet dépend aujourd'hui des conditions de sortie d'un produit. Reprenez le calendrier des décaissements et recalez chaque support dessus avant de chercher du rendement.

Questions fréquentes

Où placer la trésorerie d'une entreprise en attendant un investissement dans 18 mois ?

Sur des dépôts à terme dont les échéances tombent un à deux mois avant chaque décaissement (acompte, intermédiaire, solde), plus un fonds monétaire ou un compte rémunéré pour la tranche à date incertaine. Gardez 10 à 20 % disponibles pour absorber un retard, et répartissez les dépôts entre autant de banques que de tranches de 100 000 €.

Peut-on sortir d'un compte à terme avant l'échéance si le projet avance ?

En général oui, à des conditions contractuelles : préavis de 32 jours dans la plupart des réseaux bancaires, aucun intérêt sur les sommes retirées pendant le premier mois, puis une pénalité propre à chaque établissement (décote de taux ou retenue sur les intérêts courus). C'est pourquoi l'échéance se cale avant la date du décaissement, jamais dessus.

Un fonds obligataire daté convient-il pour une trésorerie fléchée à 24 mois ?

Parfois, pour la tranche la plus lointaine et à horizon ferme, si la maturité du fonds précède la date du projet. Avant la maturité, la sortie se fait à la valeur de marché du jour, parfois sous le rendement annoncé, et le capital n'est pas garanti. Si la date peut glisser, le dépôt à terme reste notre réflexe : sa valeur à l'échéance est écrite dans le contrat.

La garantie FGDR s'applique-t-elle aux dépôts à terme d'une société ?

Oui, pour les dépôts. Le FGDR couvre 100 000 € par déposant et par établissement de crédit, personnes morales comprises, tous comptes additionnés (compte courant, livret, DAT). Il faut donc autant d'établissements que de tranches de 100 000 € de dépôts, en vérifiant l'agrément : deux enseignes à agrément commun comptent pour une. Un fonds monétaire n'est pas un dépôt : il est hors de cette garantie, et son capital n'est pas garanti.

Combien coûte le fait de garder 15 % de la trésorerie en monétaire plutôt qu'en DAT ?

Peu de chose face au risque couvert. Avec une hypothèse de calcul d'écart de 0,5 point par an en faveur du DAT (une hypothèse, pas un constat de marché : l'écart réel peut être nul ou inverse), garder 120 000 € disponibles pendant 18 mois représente environ 900 € de rendement brut en moins. Une sortie anticipée sur un DAT, ou un acompte payé en retard, peut coûter davantage. À recalculer avec les conditions réelles de vos banques.

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